Perte de poids chez les alpagas

Si votre alpaga est maigre ou perd du poids, il y a lieu de s’inquiéter. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine d’une perte de poids chez les alpagas. Afin de traiter efficacement le problème, il est nécessaire d’en identifier la cause sous-jacente, qui peut aller d’une mauvaise alimentation à une maladie chronique. La première chose à faire est de prendre vous-même des mesures pour diagnostiquer le problème exact. Vous pourrez alors peut-être résoudre le problème vous-même, ou vous devrez peut-être faire appel à l’expertise d’un vétérinaire. Surtout, n’hésitez pas à appeler un vétérinaire si la perte de poids est importante ou si l’alpaga concerné ne mange pas.

alpaga maigre. perte de poids alpaga

Premiers contrôles de base

Certaines des causes les plus courantes de perte de poids sont faciles à vérifier. La première chose à faire est de procéder à un examen visuel et physique approfondi de l’alpaga :

Évaluez l’état corporel et le poids (si possible) de l’animal

Sur le page Etat corporel alpaga vous trouvez une explication sur la manière de déterminer l’indice d’état corporel. Il s’agit d’une évaluation que vous devriez idéalement effectuer au moins une fois par mois pour chaque alpaga.

Observez le comportement

Observez comment l’animal interagit au moment du repas. Est-il repoussé par les membres dominants du troupeau ?
Une autre possibilité, mais moins probable, est qu’il soit tellement occupé à dominer les autres qu’il ne parvient pas à manger suffisamment pour subvenir à ses propres besoins.
Si l’accès à la nourriture est le problème, envisagez de créer des zones d’alimentation séparées pour y remédier.

Vérifiez les dents

Vérifiez si les incisives sont trop longues ou si les molaires présentent des pointes acérées qui pourraient causer des douleurs buccales. Soyez prudent si vous mettez vos doigts dans la bouche de votre alpaga, car ses dents sont très pointues. Vous pouvez plutôt palper l’extérieur des joues pour détecter toute anomalie. Avec l’âge, les molaires peuvent parfois se déchausser et finir par se tourner vers l’extérieur. Il est également possible que certaines dents soient tombées chez les animaux plus âgés.
Palpez la mâchoire pour détecter d’éventuels gonflements, qui peuvent indiquer un abcès à la racine d’une dent. Si vous constatez cela, vous devrez appeler votre vétérinaire pour discuter de la gravité du problème et des options de traitement. Les radiographies sont le meilleur moyen d’évaluer la situation avant de décider si un traitement médical ou chirurgical est nécessaire.

Vérifiez s’il y a une anémie

Votre alpaga est-il anémique ? Pour déterminer si l’alpaga est anémique, vous pouvez utiliser le système FAMACHA. Si vous constatez que l’alpaga est effectivement anémique, plusieurs causes peuvent être à l’origine de l’anémie, l’une d’entre elles étant Haemonchus contortus, un ver rond gastro-intestinal qui se nourrit de sang.

Que faire ensuite ?

Une fois les vérifications de base ci-dessus effectuées, il peut être nécessaire d’approfondir les recherches.

Y a-t-il des parasites gastro-intestinaux ?

Faire un examen coprologique. Prélevez un échantillon de matières fécales récentes pour rechercher la présence de vers, de coccidies et de douves, si cela est un problème dans votre région. Les résultats vous indiqueront si un traitement est nécessaire et vous permettront également de voir exactement quels parasites sont présents afin que vous puissiez administrer un traitement spécifique.
Si le resultat de l’analyse coprologique est positif, il est recommandé d’envisager de tester les autres alpagas du troupeau, même s’ils ne présentent aucun symptôme, car le problème peut être plus répandu.

Évaluez la nutrition

Évaluez la qualité de votre fourrage et de vos pâturages. Les animaux gestants, allaitants et en croissance ont des besoins plus élevés en protéines et en énergie, et votre herbe ou votre foin pourrait ne pas suffire à couvrir leurs besoins.

Analyse du fourrage

Beaucoup de gens ne testent pas leur fourrage, mais il s’agit d’un outil fondamental pour vous aider à nourrir efficacement vos animaux. L’aspect, l’odeur ou le toucher peuvent vous donner une indication sur la qualité de votre fourrage, mais ne peuvent pas vous donner une idée précise de sa teneur en protéines, glucides, vitamines et minéraux. La qualité du fourrage varie d’une année à l’autre, il est donc préférable de le tester chaque année.

Evaluation des pâturages

L’évaluation des pâturages consiste à dresser l’inventaire des espèces végétales présentes sur le pâturage. L’objectif est de déterminer le nombre d’espèces végétales différentes présentes. Il est alors possible d’évaluer la qualité fourragère du pâturage en fonction de la présence et de l’abondance des différentes plantes présentes. Les espèces végétales sont qualifiées par un indice de qualité fourragère. Cet indice mesure la productivité et la valeur nutritionnelle. Le diagnostic végétal évalue les méthodes d’entretien et/ou de rénovation appropriées à mettre en œuvre pour le pâturage.

Analyse du sol

L’analyse du sol permet également de déterminer si votre pâturage a besoin d’engrais. Par exemple, un sol acide favorise la croissance de certaines mauvaises herbes telles que les renoncules. Un apport de chaux magnésienne ou de litière calcaire permet de relever le pH et de modifier les conditions édaphique en défaveur du  Ranunculus.

Si plusieurs animaux perdent du poids, il est certainement utile d’évaluer la qualité de votre pâturage et du fourrage.

La Chambre d’agriculture propose ces services, et vous pouvez également demander à votre vétérinaire les noms d’autres organismes locaux qui effectuent des analyses de fourrage, de sol et de pâturage.

Quand appeler votre vétérinaire ?

Si la perte de poids est importante et soudaine, si l’animal ne mange pas ou si les examens de base ne révèlent aucune cause évidente, il est conseillé de demander l’avis d’un vétérinaire. Celui-ci pourra effectuer un examen clinique approfondi et utiliser d’autres outils de diagnostic tels que :

  • des analyses sanguines (hématologie, biochimie et taux de minéraux) qui permettent de détecter des maladies systémiques, des inflammations chroniques ou des déséquilibres nutritionnels.
  • des radiographies et des échographies qui permettent de détecter des problèmes internes tels que des abcès, des tumeurs ou une hypertrophie des organes.

Comment nourrir votre animal pour qu’il se rétablisse?

Une fois la cause de la perte de poids diagnostiquée et traitée, il est ensuite essentiel de fournir une alimentation de haute qualité afin que l’alpaga puisse reprendre du poids.
Tout d’abord, assurez-vous de fournir à votre alpaga un fourrage de qualité. Par exemple, privilégiez du foin premium, de l’ensilage d’herbe ou encore du foin de luzerne.
Vous pouvez ajouter des concentrés à leur ration habituelle. Cependant, vous devez faire attention à ne pas en ajouter trop. En effet, une quantité excessive peut perturber la flore intestinale. Par conséquent, cela peut entraîner une acidose, des ulcères et/ou d’autres problèmes digestifs. Ainsi, il est important d’agir avec précaution.
De plus, tout nouvel aliment doit être introduit progressivement. Idéalement, cette transition devrait se faire sur une période de 7 à 10 jours. De cette façon, vous réduisez le risque de troubles digestifs.

Concentrés

Pulpe de betterave

La betterave est une bonne source d’énergie. Elle est riche en fibres et donc préférée aux céréales telles que le maïs, l’orge ou le blé. Elle se présente sous forme de granulés et doit toujours être trempée dans l’eau avant d’être donnée à l’alpaga.

Luzerne

La luzerne est une très bonne source de protéines. Elle est disponible en sacs, sous forme hachée ou en granulés déshydratés (qui doivent être réhydratés en les trempant dans l’eau avant d’être donnés à votre alpaga).

Où le trouver

La pulpe de betterave et les granulés de luzerne peuvent être achetées chez votre marchand d’aliments local, qui vend des aliments pour chevaux, moutons et autres animaux.

Quoi que vous fassiez, il est essentiel que l’énergie et les protéines soient présentes en même temps. En effet, elles doivent être disponibles simultanément pour être utilisées correctement. Ainsi, elles favorisent la croissance microbienne dans le premier compartiment de l’estomac. En d’autres termes, si vous augmentez l’apport en protéines, vous devez aussi vérifier que l’énergie est suffisante. Notamment, cette énergie doit provenir d’un fourrage de bonne qualité. Sinon, un déséquilibre se produira. Par conséquent, l’énergie et les protéines seront gaspillées. En effet, les microbes ne peuvent stocker ni l’une ni l’autre si l’autre nutriment n’est pas présent.

La majeure partie de l’alimentation de votre alpaga doit être constituée de fourrage de qualité.

Matériel et aliment alpaga

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